💡 En 2025, MyFlexOffice, opérateur de bureaux flexibles, a brutalement mis la clé sous la porte. Une ascension éclair suivie d’une chute tout aussi rapide. Retour sur les choix stratégiques qui ont conduit à sa faillite, et sur la manière dont KLAM évite ces pièges.
Myflexoffice : un engrenage infernal
1. Une croissance dopée par un contexte favorable
À la sortie du Covid, la demande en bureaux opérés explose. Les bailleurs, fragilisés par la crise, cherchent à sécuriser des locataires sur de longues périodes. Résultat : des franchises de loyers généreuses pour tout engagement ferme supérieur à six ans.
MyFlexOffice y voit une opportunité : signer massivement de nouvelles surfaces, trimestre après trimestre, et profiter de ce double effet — marché porteur et conditions financières avantageuses.
Au pic de son activité, l’entreprise exploite 30 à 32 000 m² répartis sur plus de 100 espaces en France, avec environ 35 à 40 salariés. La croissance est fulgurante… mais le risque est proportionnel.
2. Une confiance massive des grands bailleurs
En 2022, MyFlexOffice affichait fièrement sur ses réseaux sociaux les résultats de cette expansion :
« Résultats S1 2022 : plus de 14 000 m² pris à bail sur Paris et Lyon ; 26 nouveaux baux signés avec Amundi, BNP REIM, Groupama, La Française, Sofidy, Swiss Life… »
« Mars 2022 : 4 prises à bail (3 343 m²) dont 2 500 m² au 46 rue de l’Échiquier ; plusieurs signatures en chaîne »
« Septembre 2022 : 7 transactions (1 997 m²) à Paris 9e et Lyon »
« En 15 jours : prise à bail au 10 Bd Haussmann (202 m²) – réactivité et cadence d’exécution »
Ces annonces montraient que les plus grands bailleurs institutionnels de la place faisaient confiance à son modèle de développement. Mais cette dynamique allait se retourner.
3. Un financement à haut risque
Pour soutenir cette expansion, MyFlexOffice se tourne vers des solutions de financement alternatives :
- obligations convertibles à remboursement unique,
- avances de trésorerie via plateformes spécialisées,
- campagnes de crowdfunding.
Ces outils offrent du cash rapide, souvent remboursable uniquement à échéance. Sur le papier, cela libère la trésorerie au démarrage. Dans les faits, c’est un compte à rebours vers un mur de dettes.
En 2023, l’entreprise affiche près de 28 M€ de chiffre d’affaires pour un total de bilan avoisinant les 29 M€. La montée en puissance se poursuit début 2024, avant qu’un retournement brutal — vacance et impayés — ne vienne gripper la machine.
4. Des opérations sous pression
Ouvrir un bureau, ce n’est pas simplement poser quelques bureaux et brancher le Wi-Fi. C’est régler des dizaines de détails : CVC, menuiserie, électricité, mobilier… Or, MyFlexOffice multiplie les ouvertures en rafale, souvent dans des biens à la qualité intrinsèque discutable.
Résultat : défauts techniques, travaux bâclés, équipes opérationnelles débordées et clients insatisfaits. L’insatisfaction génère de la vacance, la vacance réduit les revenus, les franchises se terminent, et les remboursements de dettes arrivent. Le cercle vertueux devient un cercle vicieux… jusqu’à l’effondrement.
5. L’engrenage final : de la procédure au démantèlement
La situation financière se dégrade rapidement :
- Fin janvier 2025 : cessation des paiements.
- Début février 2025 : ouverture du redressement judiciaire.
- Mai 2025 : liquidation judiciaire prononcée.
- Mi-mai 2025 : reprise partielle par Les Nouveaux Bureaux (LNB).
En quelques mois, un acteur majeur du bureau opéré en France disparaît.
KLAM : la croissance maîtrisée comme règle d’or
1. Sélection drastique et maîtrisée des surfaces
Chez KLAM, nous ne signons que des surfaces que nous savons parfaitement maîtriser, tant sur le plan technique qu’architectural.
Notre expérience couvre un large éventail de typologies : immeubles du 18ᵉ siècle, années 30, années 40, Art déco, années 70 et bâtiments des années 90. Chaque époque possède ses spécificités — murs porteurs, typologies d’espaces, contraintes techniques — et nous savons adapter nos travaux en conséquence.
En revanche, nous intervenons peu sur certaines catégories que nous connaissons moins, comme les immeubles de la fin de l’ère haussmannienne (vers 1890), afin d’éviter toute mauvaise surprise.
Cette maîtrise architecturale permet :
- d’optimiser les surfaces dès la conception,
- d’anticiper les points techniques sensibles,
- de livrer un produit final irréprochable.
Nous attachons aussi une grande importance à l’environnement immédiat du bureau :
- éviter la proximité directe d’habitations pouvant être gênées par l’activité,
- vérifier l’absence de nuisances comme les odeurs de restaurants,
- identifier toute faiblesse structurelle ou contextuelle qui pourrait créer une vacance durable.
Ces choix, nourris par notre connaissance fine des rues et des immeubles du Sentier, nous permettent d’écarter les surfaces à risque.
2. Croissance ajustée aux capacités opérationnelles
Dans l’exploitation de bureaux, la vitesse ne suffit pas : encore faut-il être capable de suivre opérationnellement.
Multiplier les chantiers exige des prestataires fiables, mais il est risqué de tester de nouveaux partenaires sur de gros volumes sans marge de manœuvre. C’est pourquoi nous limitons la cadence d’ouvertures à ce que nous pouvons accompagner de bout en bout.
Chez KLAM, nous avons internalisé une partie clé des savoir-faire :
- réseaux (Wi-Fi, internet, contrôle d’accès),
- maîtrise d’ouvrage,
- conception et aménagement.
Cette approche garantit que nous restons maîtres des délais, de la qualité et des réglages finaux.
Enfin, nous restons présents sur site bien après la livraison : dans le même immeuble que celui en travaux, souvent plusieurs mois après l’installation des clients. Cela nous permet :
- d’ajuster la CVC,
- d’optimiser le paramétrage du réseau,
- de corriger les détails techniques inévitables à l’usage,
- et de nous assurer d’une satisfaction client totale, évitant ainsi le churn.
3. Financement sain et aligné
Un financement bien structuré repose sur la correspondance entre la durée du crédit et la nature de l’actif financé.
Chez KLAM, nous finançons :
- les travaux par des crédits amortissables sur 7 ans,
- le mobilier par des crédits sur 5 ans ou en credit-bail,
- et nous autofinançons les dépôts de garantie ainsi que les autres dépenses initiales.
Nous évitons absolument les montages complexes combinant crédits amortissables, prêts de trésorerie, financements infinis et obligations convertibles, qui créent des décalages dangereux entre les remboursements et les flux réels de trésorerie.
Notre philosophie : bâtir des relations de confiance à long terme avec les principales banques françaises, pour soutenir une croissance progressive et saine, plutôt que de recourir à des financements coûteux et risqués proposés par des acteurs opportunistes.
4. Gestion intelligente des franchises
Après le Covid, certains opérateurs — “les surfeurs de la franchise” — ont signé des engagements très longs en échange de franchises de loyers exceptionnellement longues.
Ces conditions peuvent donner l’illusion qu’une surface finance à elle seule une croissance rapide : pendant les premiers mois (parfois jusqu’à un an et demi), l’intégralité des loyers encaissés reste dans l’entreprise.
Mais cet avantage temporaire masque la réalité :
- il s’arrête brusquement,
- il crée de mauvaises habitudes de gestion,
- et il fragilise l’entreprise lorsque les franchises expirent.
Chez KLAM, nous préférons lisser les franchises dans le temps, en prévoyant des périodes allégées au démarrage mais aussi à intervalles réguliers durant la durée du bail. Cela assure une stabilité de trésorerie et évite l’effet de falaise qui précipite les difficultés.
Conclusion
La faillite de MyFlexOffice n’est pas qu’un accident industriel : c’est une leçon de discipline financière et opérationnelle. Dans le bureau opéré, la vitesse n’est rien sans maîtrise. Et chez KLAM, c’est cette maîtrise qui fait toute la différence.

Accéder à la liste des bureaux disponibles chez KLAM :
La liste de tous nos bureaux disponibles en ce moment se trouve ici : https://bit.ly/dispos-klam